De Suse à Téhéran

Réflexions sur Pourim à l’heure de la guerre contre l’Iran

Nadav Cohen / Traduction : Sophie Goldblum / Illustration : Mathilde Roussillat Sicsic / • 3 mars 2026

Sirènes, guerre contre l’Iran, mémoire du 7 octobre et retour d’Amalek dans le langage politique israélien : dans ce texte écrit à la veille de Pourim, Nadav Cohen, jeune intellectuel israélien, raconte une société prise entre traumatisme, théologie et mobilisation nationale. Ce journal incisif interroge la manière dont mythes bibliques, peur existentielle et rhétorique du salut façonnent les choix politiques d’Israël aujourd’hui.


Shabbat matin à Jaffa. À huit heures, me voila réveillé, comme tout le peuple d’Israël, au son des sirènes, qui me conduisent - en pyjama -avec tous mes voisins, vers l’abri situé dans la rue voisine. J’y suis entré, encore somnolent. A ma grande surprise, l’abri se  vide rapidement. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une alerte d’essai — ou d’une fausse alerte — du Commandement du Front intérieur, venue vérifier si l’arrière demeurait vigilant. 

L’arrière, semble-t-il, est fatigué, éreinté et inquiet.

Il me sembla que je n’étais pas le seul à qui cette sirène de Shabbat matin en rappelait une autre, qui avait elle aussi retenti un jour de fête, il y a environ deux ans et demi. Un Shabbat matin, jour d’effroi. Je suis rentré chez moi, hébété et secoué, pour une journée entière de sirènes — cette fois véritable —  de descentes et remontées sans fin vers l’abri de la rue adjacente. Dans ma mémoire restait vive la conversation de la veille au soir autour de la table d’Annie, amie chère et leader engagée dans le champ du renouveau juif. Cette semaine, c’est Shabbat Zakhor, celui où est lu à la synagogue la section « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek » (Deutéronome 25,17-19), en cette veille de Pourim où nous célébrons la victoire de la nation juive sur Haman l’Agaguite, de la lignée d’Amalek. Après nous être rassasiés de hallot maison et de salades en abondance Annie me surprit soudain d’une question : « Alors, qu’est-ce que tu fais, toi, de la lecture de la paracha Zakhor ? » Moi qui, ces derniers temps, me promenais avec des pensées un peu obsédantes sur ce rôle de “juif professionnel” (“Professional Jew”, comme disent nos frères américains) dans lequel je me suis retrouvé, je répondis avec une pointe de provocation : « Je ne crois pas en cette mitsva. Je crois plutot en  la mitsva : “Oublie ce que t’a fait Amalek”. Le problème, pour nous les Juifs, c’est que nous nous souvenons trop. L’homme qui se souvient trop, comme le personnage inoubliable “Funes ou la Mémoire” de Borges, est condamné à reconstruire indéfiniment son destin et à s’y trouver enfermé ; nous devons apprendre à oublier. »

[II] Shiko, jeune père originaire de l’ex-Union soviétique, revenu récemment d’une nouvelle période de réserve à Gaza, laisse éclater sa colère : « Comment peux-tu dire une chose pareille ? Tu as déjà eu le temps d’oublier ce qui nous est arrivé il y a seulement deux ans ? Amalek ne meurt jamais : il se déplace, change de forme. C’est le même Amalek qui nous attaqua au commencement de notre histoire, sur la route vers la Terre promise ; qui voulut nous détruire aux jours de Mardochée et d’Esther ; qui mit en place Shoah sous le régime nazi ; et celui qui nous commis les horreurs du 7 octobre. Et si tu ne te souviens pas du passé — tu connais l’adage : tu es condamné à le répéter. » 

« Regarde, Shiko, lui répondis-je- ce que tu fais ici ! Tu nous retires toute agentivité ! Sommes nous des victimes éternelles condamnées à rejouer toujours le même drame? Ce que nous ne comprenons pas, c’est l’effet que nos propres mythes exercent sur ce qui nous arrive. Si nous partons de l’hypothèse que tous, toujours et partout, nous haïssent et veulent nous détruire, nous nous comportons dans le monde de façon paranoïaque, attribuant des intentions maléfiques à quiconque entre en contact avec nous, réagissant avec une force qui entraîne en retour une force non moindre, et, ainsi, nous accomplissons de nos propres mains le destin que nous croyons éternel ! » Shiko s’emporta davantage et me lança : « La haine contre nous n’est pas un mythe ! Et on ne peut pas l’expliquer logiquement. Ce n’est pas nous qui la provoquons ; affirmer cela, c’est vraiment accuser la victime. Il n’y a pas d’explication rationnelle à la haine des Juifs : on nous hait quand nous réussissons, parce que nous avons trop réussis, sommes  trop riches ; on nous hait quand nous sommes pauvres et misérables, parce que nous sommes faibles et méprisables ; on nous hait quand nous sommes religieux, — “leurs lois sont différentes de celles de tous les peuples”, comme le dit le méchant Haman ; et on nous hait quand nous sommes laïcs, parce que nous abîmons le tissu religieux-culturel de la population majoritaire. On nous hait à droite parce que nous avons crucifié Jésus et parce que nous contrôlons Hollywood ; on nous hait à gauche parce que nous sommes des colonisateurs qui commettent un génocide contre les Palestiniens. On ne peut pas expliquer cette haine rationnellement, simplement parce qu’elle n’est pas rationnelle : c’est une affaire métaphysique liée à notre élection ! » 

Je voulais revenir sur cette remarque sur la gauche et la droite, et lui demandai : « Tu penses vraiment que la haine de droite et celle de gauche sont identiques? C’est précisément le mythe de la haine éternelle qui te fait voir les choses ainsi. La droite nous hait effectivement parce qu’elle est antisémite, au sens originel du terme, et voit dans les Juifs, des semites, des étrangers à la culture européenne blanche. La gauche, du moins en grande partie, en revanche,  nous hait  en raison d'une opposition — totale ou partielle — au sionisme. Moi » — précisai-je aussitôt pour éviter les contresens — « je suis sioniste non moins que toi, mais je pense que, précisément si nous voulons affronter correctement l’opposition au sionisme, nous devons d’abord la regarder telle qu’elle est, et ne pas la jeter dans le même tas que l’antisémitisme général. » Pour renforcer l’effet de mon argument, j’enrôlai même Manitou à ma cause, le penseur sioniste-religieux d’origine algérienne, qui distinguait notre lutte avec les chrétiens autour du “Nom d’Israël”, de notre lutte avec les musulmans autour de la “Terre d’Israël” : 

« La droite antisémite, dis-je, nous hait peut-être à cause de la rivalité ancienne entre judaïsme et christianisme, mais la gauche — comme, plus largement, la société arabo-musulmane — nous hait en raison de notre existence politico-nationale ici, en Israël. Ce n’est peut-être pas moins grave, mais nous devons le comprendre pour savoir comment y faire face. »² 

[III] « Mais le Mufti ! » s’exclama une autre convive  : « Le Mufti a collaboré avec Hitler et a même promu l’idée de la “solution finale”. Et que dis-tu de la sourate (c’est en réalité un hadith) qui parle de l’extermination des Juifs à la fin des temps, même s’ils se cachent derrière des arbres et des pierres ? Voilà une preuve sans équivoque que l’antisémitisme caractérise les musulmans non moins que les chrétiens, et qu’il se transmet dans leur sang de génération en génération, jusqu’aux événements du 7 octobre ! »³ J’adoucis un peu ma voix, comme il sied dans une discussion avec une femme plus âgée que moi de quelques bonnes années, et répondis calmement : « Oui, le Mufti était un antisémite abject, et il n’était sans doute pas le seul dans la société arabo-palestinienne de l’époque. Mais nous ne pouvons pas ne pas demander : qu’est-il arrivé pour que des conceptions antisémites — comme la calomnie du sang ou les Protocoles des Sages de Sion — migrent soudain 4 d’Europe chrétienne vers les pays d’islam, après près d’un millénaire d’existence juive dans les terres d’islam qui ne les avaient pas connues ? Ici, agiter le drapeau de “l’antisémitisme éternel” ne suffit pas : il faut enquêter historiquement, concrètement, sur ce qui s’est alors produit. » « Et lorsque nous enquêtons, nous découvrons quantité d’informations précieuses : la pénétration de l’influence de l’Occident chrétien, au premier rang duquel la France et la Grande-Bretagne ; l’ascension d’une bourgeoisie juive dans les terres d’islam et le rôle joué par le Juif, dans la société coloniale, comme médiateur entre les puissances européennes dominantes et les sujets musulmans dépourvus de droits ; puis, bien sûr, la montée du mouvement national juif, le sionisme, qui menaçait la domination arabomusulmane de cet espace. » « Quant au hadith des arbres et des pierres que tu évoques : je peux, ici et maintenant, citer — comme aimaient le faire les ennemis d’Israël depuis toujours — dix citations racistes  tirées du Talmud, par exemple : “Le meilleur des goyim, tue-le” ou “Les nations du monde ne sont pas appelées ‘homme’”. Mais l’enjeu n’est pas l’existence de citations non libérales dans nos traditions religieuses, c’est le moment et les conditions dans lesquels ces textes sont oubliés ou réinterprété, et ceux où ils refleurissent qui méritent d'être analysé » 

« Regarde, par exemple : la formule “Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek”, pendant des siècles, a été interprétée par des hassidim et des kabbalistes comme visant “l’Amalek du cœur” — contre le doute et l’hérésie »  — avant de revenir soudain, après le traumatisme du 7 octobre et la montée de la bellicosité et du militarisme dans la société israélienne, à une lecture entièrement concrète et pratique, appliquée désormais à nos ennemis du Hamash— voire à l’ensemble des Gazaouis. » 

« D’accord, mais que dis-tu de l’Iran ? » insista mon interlocutrice. « Tu crois que c’est un hasard si, à la veille de Pourim, où nous célébrons notre victoire sur les Amalécites perses, nous nous trouvons devant un affrontement décisif face aux intentions exterminatrices de leurs descendants, le régime iranien des ayatollahs ? » Ici, mes arguments se tarirent. Pouvais-je admettre que j’avais perdu confiance en nos dirigeants et dans la pureté de leurs intentions, même à propos de notre plus grand ennemi, le régime iranien ? Et pourtant, je ne pouvais m’empêcher de penser — pensée paranoïaque — que le timing de l’attaque, précisément maintenant, 5 pouvait être lié à l’usage cynique que nos dirigeants font de notre système symbolique : frapper l’Iran une seconde fois (après l’échec de la précédente) au moment où nous nous remémorons Amalek, Haman l’Agaguite et le régime perse d’alors. Mais cela je ne le dis pas à voix haute : les soupçons étaient trop tenus. Je déplaçai donc la discussion vers la ressurangede du vieille antisémitisme de l’extrême droite americaine— Tucker Carlson, Candace Owens et consorts — et, sur ce point, un accord finit par se faire autour de la table. 

Annie conclut la discussion par une belle parole hassidique, interprétant “l’effacement d’Amalek” comme une protestation contre la faiblesse et le doute qui s’infiltrent dans le cœur. Le repas s’acheva tranquillement; je rentrai dormir ; et, le lendemain matin, me réveillais au son de la guerre. Aux informations, je ne manquai pas le discours du Premier ministre, qui se termina, avec pathos, par les mots suivants : « Mes frères et sœurs, dans deux jours nous célébrerons la fête de Pourim. Il y a 2 500 ans, dans l’ancienne Perse, un ennemi s’est levé contre nous avec exactement le même but : anéantir totalement notre peuple. Mais Mardochée et la reine Esther, par leur courage et leur ingéniosité, ont sauvé notre peuple. En ces jours de Pourim, le sort est tombé, et avec lui le méchant Haman. Aujourd’hui encore, à Pourim, le sort est tombé, et le régime du mal tombera lui aussi. Le prophète Amos disait : “Le lion a rugi, qui ne craindra ?” Dans l’opération “Rugissement du Lion”, nous rugissons : Ne crains pas, Israël, car tu es un jeune lion ! Nous nous tiendrons comme un seul homme d’un seul cœur et, avec l’aide de Dieu, nous assurerons la pérennité d’Israël. » 

[IV] Tandis que, shabbat achevé,  je prends place à la terrasse d’un café proche de chez moi  — et d’un l’abri — pour reprendre mes esprits et mettre ces mots a l’écrit, une nouvelle sirène retentit et je fuis, avec les autres clients, vers l’abri. J’entends, de la bouche de l’un des réfugiés, la rumeur d’une atteinte portée au Guide suprême iranien, Ali Khamenei. Mon cœur bondit d’un espoir mêlé de peur ; il s’agit après tout de la tête du serpent qui aspire non seulement à notre destruction, mais qui a aussi ordonné récemment le massacre de dizaines de milliers de ses propres compatriotes. En sortant — sans doute un peu trop tôt — j’aperçois au-dessus de ma tête des avions d’interception, cela même qui détruisent les missiles iraniens. Le spectacle qu’ils donnent, s'il n'était terrifiant, serait magnifique. 6. Je retourne à ma table et à l’article fascinant du professeur Yehuda Liebes sur la Méguilat Esther, que je relis en vue de l’étrange Pourim qui nous attend. Liebes écrit, : « La religion du Livre d’Esther convient à l’esprit de notre temps. Il n’y a en elle aucune prophétie venue d’en haut, mais tout au plus un souffle de l’Esprit saint qui s’éveille dans l’esprit de chair et de sang. Bien que la période du récit soit celle du Retour à Sion, il n’y a en elle qu’une conscience d’exil. Dieu est caché au regard et, même aux croyants, il ne se révèle pas de manière personnelle, mais comme loi et destin — ou comme religion, royauté et État. Le cours des événements est déterminé par le “règne de la loi”, le protocole juridique de la monarchie et son ordre […] La royauté repose sur une volonté stychique [= incontrôlable, explosive] du peuple, qui émane d’un régime quasi démocratique, où “chacun est maître dans sa maison”. Un brouillard de conscience et une ivresse chronique recouvrent tout. La boisson est loi, et la loi est boisson et déguisement. Même le Roi du monde, pour ainsi dire, dort ivre entre les pages du rouleau, à l’image du roi Assuérus. Dans une telle situation, le passage du désastre au salut dépend entièrement de l’insomnie du roi et du renversement du pour, c’est-à-dire du sort » Je lis Liebes et pense au glissement immense, presque imperceptible, que notre Premier ministre a opéré dans son discours. Il a dit : « Le prophète Amos dit : “Le lion a rugi, qui ne craindra ?” Dans l’opération “Rugissement du Lion” nous rugissons : “Ne crains pas, Israël, car tu es un jeune lion !” » Or la citation complète d’Amos ne parle évidemment pas d’un rugissement de combat d’Israël, mais de Dieu et de son rugissement aux oreilles des prophètes : « Le lion a rugi, qui ne craindra ? Le Seigneur Dieu a parlé, qui ne prophétiserait ? » (Amos 3,8). Mais le Premier ministre — par un glissement si courant que même des philologues amateurs comme moi l’ont manqué au début — a réorienté le verset vers la bravoure du lion d’Israël : « Nous rugissons : “Ne crains pas, Israël, car tu es un jeune lion.” » Cette formule, à force d’être devenue proverbiale au point que certains croient à tort qu’elle vient de la Bible, provient en réalité de la chanson israélienne “Yaakov ha-Tamim”, écrite et composée par Aviho Medina et chantée par Moshe Hillel (“le chanteur parachutiste  ”) en 1971. Le dernier couplet  dit : 7 « Mais que s’est-il donc passé pour l’élu de Dieu ? Alors il a renouvelé ses jours comme jadis en Israël, Et il a tiré son épée, et au nom de Dieu, Il a frappé de nombreux peuples, ce “tendre”, ce “tendre”. » Ainsi, chez nous, la bravoure de Dieu a été remplacée par la bravoure d’Israël — qui, avec plus ou moins de sincérité, porte le nom de Dieu ; et “l’Éternité d’Israël” (Netzah Israël), dont le prophète dit : « Il n’est pas un homme pour se repentir » (I Samuel 15,29), c’est-à-dire qu’il s’agit de Dieu lui-même, est devenue une représentation symbolique du peuple, dont le garant est, selon le Premier ministre, “nous”, comme un seul homme d’un seul cœur, “avec l’aide de Dieu”, bien sûr.

D’autres inquiétudes s’insinuent encore : supposons que l’attaque actuelle s’achève avec le moins possible de pertes humaines parmi les nôtres et avec le moins possible d’enchevêtrements face à ceux qui s’opposent à nous ; supposons que nous réussissions réellement — selon le scénario le plus optimiste — à faire tomber le régime*iranien et à établir à sa place un régime libéral et moins hostile, capable en même temps d’être stable et accepté par son peuple : nous revient-il de “terminer le Hallel” sur une réalité politique où « nous sommes encore des serviteurs d’Assuérus » (Talmud de Babylone, Méguila 14a) ; où notre sort dépend, en fin de compte, des caprices d’un César d’au-delà des mers, dont nul ne sait où tombera le pour de son humeur changeante dans un an ou deux ? 

[VI] Mais peut-être, me dis-je à voix basse, malgré tout et en dépit de tous nos calculs géopolitiques — le sommeil de Celui qui siège aux cieux se trouble-t-il? « En cette nuit-là, le sommeil du roi fut troublé » — dit Rabbi Tanhoum : « le sommeil du Roi du monde fut troublé […] les sphères supérieures furent troublées, les sphères inférieures furent troublées » (Talmud de Babylone, Méguila 15b). Peut-être, au-delà des intérêts troubles de nos dirigeants, « le Saint béni soit-Il était occupé à créer la lumière du Roi Messie » (Bereshit Rabbah 85)¹⁰. C’est à cette espérance que je m’accroche, avec l’errance du sommeil nocturne, ici dans la pièce sécurisée (mamad) d’un Tel-Aviv bombardé. Je m’accroche à l’espérance et je me joins aux belles insomnies d’un sublime Iranien du XIIIe siècle, le grand poète de l’amour Jalal adDin Rûmî, qui m’enseigne — comme le Zohar en son temps  — que la lune a des chemins insaisissables et sinueux ; que, changeante et multicolore, elle aime entrer non par la porte, mais précisément par la fenêtre : « Il est un certain baiser auquel nous aspirons toute notre vie, le contact de l’esprit avec le corps. Les eaux de la mer pressent la perle 9 de jaillir hors de sa coquille, et le lys — comme il languit d’un amour sauvage. La nuit, j’ouvre une fenêtre, je demande à la lune de s’approcher, de présenter son visage face au mien, de respirer en moi. Ferme la porte des lèvres et ouvre la fenêtre de l’amour. La lune n’entre pas par la porte, mais seulement par la fenêtre. »¹¹


Nadav Cohen est enseignant, auteur en pensée juive et en kabbale, et paytan. Il est l’un des fondateurs de la « Yeshiva Mizrahit » qui diffuse et promeut l'héritage sefarade et mizrahi en Israel, et membre du mouvement de la gauche croyante (Smol Emuni).

Mathilde Roussillat Sicsic est designer graphique et illustratrice pour l’édition, l’identité visuelle de marques et le textile. Elle travaille également dans la décoration pour le cinéma,  avec une approche teintée par sa formation en design textile/couleur/matière.
Elle a réalisé l’identité visuelle de la revue Daï ainsi que des illustrations et fait partie du comité éditorial.
Son travail est visible sur son site : www.mathilderoussillat.com et son instagram 


Notes de bas de page

  1. Référence à Jorge Luis Borges, « Funes el memorioso » (1942).

  2. Manitou (Rabbi Yehuda Léon Ashkenazi) : distinction entre l’enjeu du “Nom d’Israël” (rapport judéo-chrétien) et celui de la “Terre d’Israël” (rapport judéo-musulman) — formule reprise ici par l’auteur.

  3. Allusion au rôle du Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, et au hadith connu comme “les pierres et les arbres” (tradition eschatologique). 

  4. Citations talmudiques fréquemment invoquées dans les polémiques :

  5. “טוב שבגויים הרוג” ; “אין אומות .“אדם קרויים העולם [5 Yehuda Liebes, « Méguilat Dat ha-Melekh » (“Le Rouleau : la religion du roi”). (Yehuda Liebes, “Méguilat Dat ha-Melekh”, mes italiques).

  6. Aviho Medina, “Yaakov ha-Tamim”, 1971, interprété par Moshe Hillel. 

  7. Citations bibliques : Isaïe 52,8 ; Psaume 78,65 ; notion de “הסתר אסתיר) “Deutéronome 31,18). Zohar : interprétation mystique du “œil à œil”. 

  8. Allusions à la Méguila : Esther 1,4 (richesse de la gloire) ; Esther 10,1 (tribut) ; Esther 10,2 (puissance) ; Esther 10,3 (Mardochée “agréé de la plupart de ses frères…”). 

  9. Talmud de Babylone, Méguila 15b. 

  10. Bereshit Rabbah 85. 

  11. Jalal ad-Din Rûmî, « Un certain baiser » ; l’auteur remercie A. Balha pour la médiation du poème (selon le texte hébreu fourni).

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